Le temps libre est vraiment bon pour la santé mentale
La détente du week-end est positive pour tout le monde, indépendamment de la profession et du niveau socio-éducatif. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude américaine publiée en janvier dans le Journal of Social and Clinical Psychology, dont les résultats peuvent également faire réfléchir sur l’organisation du travail aujourd’hui.
Afin d’évaluer l’impact du travail sur le bien-être mental et physique, trois chercheurs nord-américains ont interrogé 74 adultes américains de 18 à 62 ans. Ces derniers travaillaient chacun au moins 30 heures par semaine et ont été questionnés 3 fois par jour pendant 3 semaines sur leur vécu quotidien : joie, bonheur, plaisir, mais aussi stress, anxiété, colère, dépression. Les conséquences physiques possibles du stress ont également été recherchées : maux de tête, problèmes digestifs, maladies respiratoires, baisse d’énergie. Résultats : les personnes interrogées se sentent significativement de meilleure humeur, plus dynamiques et avec moins de douleurs, de pathologies du stress, du vendredi soir au dimanche après-midi. Ces résultats sont retrouvés quels que soient les paramètres étudiés, que les répondants soient secrétaires, ouvriers du bâtiment, physiciens ou avocats, qu’ils gagnent beaucoup ou peu d’argent, qu’ils soient célibataires, mariés, divorcés ou veufs, indépendamment de leur âge et de leur sexe.Parmi les facteurs identifiés de cette “magie du week-end“ : l’autonomie du choix des activités, le fait de passer du temps avec la famille et les amis, la sensation de liberté. A l’inverse, les auteurs soulignent que la semaine de travail “est pleine d’activités impliquant des commandes externes, des pressions horaires, des comportements et exigences liés au travail, gardes d’enfants et autres contraintes.“ Les travailleurs doivent également passer beaucoup de temps auprès de collègues avec lesquels ils partagent peu de connexions émotionnelles. Autant d’explications à une diminution du bien-être, qui se traduit également par l’impression d’être moins performant en semaine que le week-end. Selon Richard Ryan, de l’université de Rochester, “ces résultats démontrent l’importance du temps libre pour le bien-être général de l’individu“. Il ajoute que “loin d’être frivole, le laps de temps relativement libre du week-end fournit de précieuses occasions de contacts avec les autres, à vivre ses passions et à se détendre ; ce sont des besoins psychologiques de base que les gens devraient faire attention à ne pas évincer avec le surmenage lié au travail“ (interview ci-dessous en anglais) :
Cette étude soulève également des questions sur l’organisation du lieu de travail. Comment faire pour que l’activité professionnelle donne également un sentiment d’autonomie, de proximité affective, de compétences , afin de stabiliser le bien-être, au lieu de vivre cette alternance entre hauts et bas en fonction des jours de la semaine ? Vaste débat…Jean-Philippe RivièreSource : “Weekend Effect makes people happier regardless of their job“, université de Rochester, 12 janvier 2010,
accessible en ligne (en anglais)Click Here: los jaguares argentina